23 septembre : mardi 25° semaine ordinaire. Quand les dirigeants païens accomplissent la volonté de Dieu … qui sont les frères de Jésus ?

Cette semaine, dans les 1° lectures, nous allons entendre des passages des livres d’Esdras, Agée et Zacharie. Ces livres qui ne sont pas les plus connus de la Bible ont un point commun, ils nous parlent de la fin de cette terrible période de l’Exil et du retour à Jérusalem. On imagine bien que, de ce retour, tout le monde en rêvait, tout le monde imaginait que ce serait un retour triomphal, en fait, il se révèlera bien plus compliqué que prévu … mais ça, ce sont les lectures de la semaine prochaine qui l’expliqueront ! 

Commençons avec le livre d’Esdras dont est tirée la lecture d’aujourd’hui, ce qui était déjà le cas hier et ça sera encore le cas demain. Esdras était un prêtre-scribe, et dans le passage que nous avons entendu, il nous livre cette décision étonnante du roi de Perse, Darius, qui non seulement autorise la reconstruction du Temple mais qui décide de la financer ! Un peu d’histoire pour comprendre cette décision étonnante. 

L’élite du peuple juif avait été déportée à Babylone par les Assyriens qui avaient réussi à imposer leur domination sur le pays des juifs. Mais, en 539 avant Jésus-Christ, les assyriens vont perdre leur domination sur toute cette région, ils sont vaincus par un roi Perse, Cyrus qui change complètement de perspective. Il ne veut plus de déportation de population, c’est ainsi, qu’assez vite, il va ordonner la fin de l’Exil pour les juifs, rendant possible le retour au pays. Hier, nous avons lu cette belle lecture dans laquelle nous entendions la décision de ce roi païen de favoriser le retour du peuple juif dans son pays et demandant à tous de les aider. A la mort de Cyrus, c’est Darius qui va lui succèder ; Darius va continuer et même amplifier la politique de son prédécesseur en autorisant et finançant la reconstruction du Temple. De cette histoire, nous pouvons tirer deux enseignements :

  • 1° enseignement : La nuit n’est jamais définitive, les périodes sombres finissent toujours par laisser place à des périodes plus tranquilles. Il suffit d’un changement d’homme pour que ce qui paraissait impossible le devienne. Rappelons-nous l’arrivée de Gorbatchev en URSS qui a ouvert la porte à une profonde réforme du communisme jusqu’à son écroulement. Les périodes sombres peuvent reprendre et durer, mais l’histoire nous apprend qu’elles ne seront jamais définitives, c’est un grand motif d’espérance pour tous ceux qui, de par le monde, vivent sous l’oppression de régimes autoritaires et injustes.
  • 2° enseignement : Dieu est capable de se servir de tous les hommes de bonne volonté. Pas plus Cyrus que Darius n’étaient des croyants, ils croyaient à leurs divinités mais pas en Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Mais ils étaient de bonne volonté et Dieu a fait en sorte que leur bonne volonté puisse servir ses desseins. C’est pour cela, qu’un jour, Jésus, dira : celui n’est pas contre nous est pour nous. Mc 9,40. Ne classons pas trop vite les personnes en disant : celui-ci est des nôtres, il va à la messe, celui-là n’en est pas car il n’y va pas ! Celui n’est pas contre nous est pour nous. C’est pour cela que les papes adressent toujours leurs encycliques aux responsables de l’Eglise, aux chrétiens et ensuite à tous les hommes de bonne volonté car il en existe partout.

Venons-en à l’Evangile, un Evangile dans lequel nous pouvons avoir du mal à comprendre la réaction de Jésus. Le texte nous dit : la mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule. D’abord un mot pour évoquer et répondre à cette question : qui peuvent bien être ces frères de Jésus puisque nous croyons que Marie est restée toujours vierge ? Deux réponses possibles : La 1° réponse se réfère à la coutume orientale de donner du « mon frère » même à ceux avec qui on n’est pas frère ! Cette appellation de frères sous-entend un lien d’amitié, d’affection, peut-être un cousinage, mais pas forcément plus. Et puis, il y a une 2° réponse possible si on s’appuie sur certains écrits apocryphes, c’est que Joseph était veuf quand il a rencontré Marie, ayant des enfants d’un premier mariage. Pourquoi pas ? Ça ne va pas du tout à l’encontre de la foi. Les enfants de Joseph étaient donc les demi-frères de Jésus. Dans ces conditions, on comprend que, plusieurs fois, dans l’Evangile, soient évoqués les frères de Jésus. 

Mais là n’est pas le plus important dans ce texte. Le plus important, c’est sûrement ce qui nous est le plus difficile à entendre quand Jésus répond : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. » On aurait envie de dire à Jésus : tu n’es pas très gentil avec ta maman qui a pourtant renoncé à tout pour te permettre d’accomplir ta mission, tu pourrais avoir plus d’attention à son égard d’autant plus que ce n’est pas souvent qu’elle te demande une petite rencontre ! Pour dissiper notre malaise, je voudrais faire deux remarques :

  • La 1°, pour souligner que, pour Jésus, désormais, il y a un lien plus fort que le lien du sang, que le lien familial, c’est le lien de la foi et voilà pourquoi ceux qui se consacrent au Seigneur ne feront plus passer en priorité le lien du sang. Ça ne veut pas dire que nous le dédaignons, mais ce n’est plus à ceux avec qui nous sommes unis par le lien du sang que nous passerons le plus de temps. Cette parole de Jésus est donc une bonne nouvelle pour nous ! Parce que ce lien de la foi, nous le partageons tous avec Jésus qui nous considère donc comme ses frères et sœurs. Si, seul le lien du sang avait compté, nous ne pourrions pas être des proches de Jésus, mais par ce lien de la foi, c’est devenu possible. 
  • La 2° remarque, c’est que dans cette parole de Jésus, il y a sans doute le plus beau compliment que Jésus ait adressé à sa mère : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. » En effet, il n’y en a qu’une qui écoute vraiment la Parole et qui la met totalement en pratique, c’est Marie, précisément parce qu’elle a été préservée du péché originel.

Alors, tout au long de ce jour, comportons-nous dignement en étant conscients du privilège que Jésus nous accorde de nous considérer comme ses proches par le lien de la foi. Que Notre Dame de Laghet nous obtienne donc la grâce de pouvoir mener une vie en cohérence avec notre identité profonde.

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