Hier, là où on n’a pas pris les lectures propres à la fête de Ste Agnès, on a entendu le célèbre récit du combat entre David et le géant Goliath. Cet homme, il était bâti comme un char d’assaut et, en raison de sa force, il se permettait de ridiculiser chaque jour l’armée du Seigneur et, par ricochet le Seigneur lui-même. David, lui, à cette époque il n’était qu’un très jeune homme qui avait été envoyé sur le champ de bataille par son père pour porter du ravitaillement à ses frères soldats. Et c’est ainsi qu’il est témoin de ce qui se passe chaque jour. David est très étonné de voir que ni le roi ni personne de sa troupe n’ose réagir. En fait, ce n’était sûrement pas l’envie qui leur manquait, mais le courage ! Quand ils voyaient la carrure de Goliath, personne n’osait aller l’affronter.
Parce qu’il ne peut plus supporter de voir que Dieu est ridiculisé, David propose d’aller affronter le géant. Il fait le raisonnement suivant : si c’est pour Dieu que je vais combattre, alors Dieu combattra avec moi. Du coup, il refuse l’armure et les armes que le roi Saül lui proposait, de toutes façons, tous ces équipements étaient bien trop grands pour lui, alors il prend une simple fronde. Si Dieu combat avec lui, il n’a rien à craindre. Et de fait, David avec de petits moyens va terrasser le géant donnant à tout le monde une belle leçon de courage mais peut-être surtout de foi.
Seulement voilà, cet acte de bravoure est très vite connu et la réputation de David dépasse largement celle du roi Saül. C’est pour cela que les femmes se mettent à chanter ce refrain que nous avons entendu dans la 1° lecture : « Saül a tué des milliers, et David, des dizaines de milliers. » Saül ne va pas le supporter très longtemps. Et c’est terrible parce que vous avez remarqué qu’elles ne disent pas que Saül est nul, qu’il ne vaut rien, non, elles reconnaissent qu’il a tué des milliers d’ennemis, ce qui n’est déjà pas mal … oui, mais, en même temps, les femmes chantent que David est meilleur, il en a tué des dizaines de milliers. Que les femmes se détournent de lui pour admirer David, Saül, ça le rend fou. Il n’est ni le premier, ni le dernier, à perdre la tête en constatant que son pouvoir de séduction diminue.
Et le voilà pris par la jalousie, cette terrible jalousie qui rend la vie insupportable à ceux qui se rendent compte que d’autres peuvent être meilleurs qu’eux. Quand on est petit, la jalousie nous fait faire des caprices impressionnants tant nous devenons capables de violence incontrôlée. En grandissant, on apprend à se contrôler, mais ça ne veut pas dire que la jalousie a disparu. Simplement la violence est plus intérieure, mais elle finira par s’exprimer plus tard, au minimum par des paroles assassines.
Comme figure antithétique à la jalousie, nous avons eu dans cette même 1° lecture, Jonathan, le fils de Saül, le grand ami de David. Elle est étonnante cette amitié car s’il y en avait un qui aurait pu avoir de sérieuses raisons d’être jaloux, c’était Jonathan. Il est le fils du roi, la royauté aurait donc dû lui revenir, mais Dieu a choisi comme de changer de dynastie en donnant l’onction à David. La royauté passe sous le nez de Jonathan, il avait vraiment de quoi être jaloux de David. Du coup, c’est extraordinaire de voir Jonathan qui fait tout pour sauver David des griffes de son père ; il aurait pu laisser la folie meurtrière de son père aller jusqu’au bout en espérant, par la mort de David récupérer la royauté qui devait lui échapper. Mais non, David est son ami, il cherchera donc à sauver sa vie en usant de tout son pouvoir de fils du roi et de toutes les informations qu’il avait. Magnifique !
D’ailleurs, vous avez entendu, dans l’Evangile, il nous est dit que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur Jésus pour le toucher. Est-ce que nous croyons vraiment que Jésus n’a rien perdu de sa puissance ? Si nous le croyons vraiment alors, que tous ceux qui souffrent de ce mal de la jalousie, mais aussi de tout autre mal, que tous ceux qui veulent voir l’amitié supplanter la jalousie s’approchent de lui avec foi tout à l’heure en venant communier. Qu’ils s’approchent de lui à chaque fois que ça sera nécessaire, dans ce sacrement de l’Eucharistie et dans le sacrement de la Réconciliation. Nul doute que soin après soin, Jésus les guérira et les débarrassera de tous ces maux qui pourrissent leur vie et, par ricochet la vie des autres et même leur relation
