24 octobre : vendredi 29° semaine ordinaire. Tous pécheurs et le reconnaître nous ouvre le ciel … pour peu que nous fassions les démarches urgentes et nécessaire.

Dans la 1° lecture, St Paul, le grand St Paul, le géant de la foi, l’une des deux colonnes de l’Eglise, avec St Pierre, nous a fait cette confidence si humble : ce qui est à ma portée, c’est de vouloir le bien, mais pas de l’accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. Autrement dit, St Paul, il est comme nous, il est comme tout le monde, il est pécheur et, ce qui est beau, c’est qu’il ose le dire : le bien que je voudrais faire, je ne le fais pas assez souvent et le mal que je ne voudrais pas faire, c’est bien trop souvent que je le fais ! Voilà un très bon résumé de ce qu’est le péché par action et par omission. Par action, c’est de faire le mal qu’on n’aurait pas voulu faire et par omission, c’est de ne pas faire le bien qu’on aurait voulu, qu’on aurait pu faire. L’humilité de ce grand témoin de la foi devrait nous encourager à ne pas chercher sans cesse à donner la meilleure image de nous-mêmes, une image qui ne correspond pas toujours avec ce que nous sommes réellement. 

Pour illustrer cela, j’aime bien raconter ce qui s’était passé pour les funérailles de l’impératrice Zita qui avaient eu lieu à Vienne en Autriche, le 1er avril 1989. Je ne sais pas si c’est elle qui avait choisi le cérémonial ou si c’était habituel d’enterrer de cette manière les monarques en Autriche. Toujours est-il que ce cérémonial illustre parfaitement ce que je viens de dire, à savoir que de plus important des hommes jusqu’au plus insignifiant, nous sommes pécheurs. 

Au moment de la mise au tombeau de l’impératrice Zita, le responsable du protocole avait frappé trois coups sur la lourde porte de la crypte qui donnait accès aux tombeaux des monarques. De l’intérieur, la voix d’un religieux s’était fait entendre : « Qui demande à entrer ? » Le responsable du protocole avait répondu : « Sa Majesté Zita, par la grâce de Dieu, impératrice d’Autriche… » et suivait une longue liste de tous ses titres de noblesse. La réponse avait été sans appel : « Je ne la connais pas ». La porte de la crypte était donc restée fermée. Une seconde fois, le responsable du protocole avait frappé trois coups. « Qui demande à entrer ? » La réponse avait été plus sobre : « Sa Majesté Zita, Impératrice et Reine » Mais la réponse avait été la même : « Je ne la connais pas. » Et pour la troisième fois le responsable avait frappé une série de trois coups : « Qui demande à entrer ? » Et là, pour le coup, la réponse du responsable du protocole n’avait donné que l’essentiel : « Zita, une personne mortelle et pécheresse » Alors la voix de l’intérieur de la crypte avait retenti avec force : « Qu’elle entre ! »

Voilà ce qui nous ouvrira les portes du ciel ! Ce ne sont pas nos titres de gloire et ça tombe bien parce que je suis à peu près sûr que, ni vous ni moi, nous ne pouvons aligner quelques titres de gloire. Ce qui nous ouvrira les portes du ciel, c’est la reconnaissance humble et vraie que le bien que nous aurions voulu faire, que nous aurions pu faire, trop souvent nous ne l’avons pas fait et le mal que nous n’aurions pas voulu faire, c’est bien trop souvent que nous l’avons fait ! Si nous osons le reconnaître humblement et si cette prise de conscience nous arrache des larmes de repentir, les bras miséricordieux du Seigneur s’ouvriront. Par contre, que pourra le Seigneur pour nous si, devant Lui, nous essayons encore de paraitre, de donner la meilleure image de nous-mêmes en cachant tant de poussière sous le tapis ?

Quant à l’Evangile, vous aurez remarqué que Jésus nous secoue un peu parce que nous pouvons nous reconnaitre dans les hypocrites dont il dénonce le comportement. Jésus regrette que nous soyons si perspicaces pour prévoir la météo extérieure (et c’est vrai que nous en parlons souvent !) et si peu perspicaces en ce qui concerne la météo intérieure. Nous connaissons les signes qui annoncent la pluie et la chaleur et nous en tenons compte pour nous habiller, pour programmer nos activités. En revanche dit Jésus, les signes plus importants, ceux qu’on a pris l’habitude d’appeler les signes des temps, ils ne nous préoccupent pas beaucoup.

Jésus se lamente de ce fait : le moment présent, pourquoi ne savez-vous pas l’interpréter ? Que veut-il dire ? Quels sont ces signes des temps si importants à décrypter ? La suite peut nous aider à le deviner ; en effet, dans les versets suivants, Jésus parle de l’urgence de la réconciliation. Pourquoi y a-t-il urgence ? 

Oh je crois que la raison est très simple : nous devons tous être conscients que chaque jour nous rapproche un peu plus du moment où nous paraitrons devant le Seigneur. Alors, prenant conscience de cela, je dois me poser les bonnes questions : est-ce qu’il n’y aurait pas l’une ou l’autre démarche à faire de manière assez urgente ? Démarche de réconciliation avec des personnes ou avec le Seigneur dans une vraie confession, démarche de partage de certains biens accumulés de manière égoïste, démarche de foi, que sais-je encore ! En paraissant devant Dieu, est-ce que ma fierté sera d’être resté droit dans mes bottes et de n’avoir jamais fait le premier pas de la réconciliation pour ne pas passer pour un mou ? Est-ce que ma fierté sera d’avoir un compte en banque très garni et de me vanter devant Dieu de mon habileté dans les affaires ?

Oui, cette parole de Jésus nous interpelle vivement et nous ne pouvons pas ne pas nous interroger régulièrement : suis-je prêt ? Que par l’intercession de Notre Dame de Laghet, nous puissions voir les démarches que nous avons à faire et qu’elle nous obtienne la force de les faire sans les reporter à plus tard car plus tard c’est souvent trop tard !

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