Vous le savez la Parole de Dieu est un vrai trésor, j’espère que vous avez déjà fait l’expérience d’entendre une Parole qui vient toucher profondément votre cœur pour lui apporter de la paix, de la joie, de la consolation ; ou alors une Parole qui vient transpercer votre cœur qui vous montre votre péché et votre besoin de conversion. C’est parce que la Parole de Dieu est un grand trésor que la liturgie essaie de nous faire lire quasiment l’ensemble de la Bible sur 3 années. Le dimanche, il y a 3 années : A, B, C et en semaine, il y a les années paires et impaires, ce découpage permet de lire la Bible presque en entier. Si vous lisez donc chaque jour les textes de la messe, même si vous ne pouvez pas y participer, vous avez donc, chaque jour, accès au Trésor de la Parole et si, en plus, vous rajoutez les offices alors vous recevrez en abondance cette nourriture extraordinaire de la Parole. C’est pour cela que l’habitude d’arriver en retard à la messe est si regrettable parce que ceux qui arrivent en retard se privent du trésor de la Parole.
Et alors, aujourd’hui, le hasard de la programmation liturgique nous a permis d’entendre cette très belle 1° lecture qui est au fondement de ce que nous vivons dans cette année qui est une année particulière puisque que, comme tous les 25 ans, elle est une année de Jubilé. Vous pourriez être étonnés que le jubilé soit tous les 25 ans alors que la lecture parlait de tous les 50 ans. C’est vrai la lecture parlait bien d’un jubilé tous les 50 ans et l’Eglise s’est inspirée de cette coutume juive pour instaurer ses jubilés. Mais assez vite, les chrétiens ont demandé au Pape de passer de 50 à 25 ans en raison de l’espérance de vie qui n’était pas, à l’époque, ce qu’elle est aujourd’hui. Si vous naissiez au moment du jubilé ou 2 ou 3 ans après, vous risquiez bien de ne pas voir le prochain et ainsi vous n’auriez pas eu la possibilité de vivre la grande grâce apportée par une année jubilaire.
Car, vous l’avez entendu dans la lecture, un jubilé, c’est comme une année où tous les compteurs sont remis à zéro. Vous avez peut-être lu cette explication sur les panneaux du jubilé dans le cloitre et elle est plus complète dans les livrets que nous proposons pour accompagner la démarche. Dans ce passage du livre des Lévites, Dieu avait donc demandé que, tous les 50 ans, on « remette les compteurs à zéro » ! C’est-à-dire qu’on redistribue les terres de manière juste pour que ceux qui s’étaient enrichis ne s’enrichissent pas toujours plus et que ceux qui s’étaient appauvris ne le soient pas toujours plus. Dans cette année de Jubilé, les esclaves devaient également être libérés. Cette année si particulière dans laquelle la justice allait se déployer s’ouvrait par des coups de trompes, fabriquées avec des cornes de béliers, qu’on appelle Yobel en hébreu, d’où le nom de Jubilé qui est la transcription française de ce mot hébreu.
Hélas, les spécialistes de la Bible nous disent que ces prescriptions n’ont jamais vraiment été appliquées, les pauvres, ceux qui avaient perdu leur liberté, auraient aimé qu’elles le soient, mais les riches, de tout temps, ont beaucoup de mal à partager ! En tout cas, le fait d’avoir entendu cette lecture, en ce jour, est une invitation particulière à faire la démarche jubilaire et, si nous l’avons déjà faite, nous pouvons toujours la refaire ou la faire pour que d’autres soient restaurés par la grâce jubilaire. Aujourd’hui, nous portons particulièrement tous les jeunes qui sont à Rome et qui, ces derniers jours ont fait le parcours jubilaire en allant prier dans les 4 basiliques majeures de Rome. En ce jour, ils convergent vers Tor Vergata, là où s’était déjà tenu le rassemblement final des JMJ de l’an 2000 et on annonce qu’ils seront autour d’un million alors qu’au départ on parlait de 500 000 ! Que ce nouvel élan de la foi dans la jeunesse de notre pays soit l’annonce d’un nouveau printemps pour l’Eglise. Portons-les dans notre prière pour que, comme le Pape le leur a déjà demandé, ils vivent de manière authentique leur foi en devenant d’ardents disciples-missionnaires. Prions aussi pour qu’ils soient nombreux à entendre l’appel du Seigneur qui dit encore à certains : viens, suis-moi, j’ai besoin de toi, donne-ta vie pour le service de tes frères dans l’Eglise.
Juste un mot sur l’Evangile que nous réentendrons à la fin du mois, en la fête du martyr de Jean-Baptiste. Hérode est comme poursuivi par Jean-Baptiste qui a osé lui faire ce reproche mérité de vivre dans un désordre moral absolu. Il va suivre les conseils de cette femme terrible qu’il avait piquée à son frère Philippe, je m’excuse pour l’expression, mais c’est la plus juste ! Dans une soirée de beuverie, aguiché par la danse sensuelle de la fille de sa femme, il perd la tête et fait une promesse irréfléchie qui l’obligera à éliminer Jean-Baptiste. Oui, Jean-Baptiste est mort, mais quand Hérode entend Jésus qui parle, il est fou de colère et d’inquiétude, il a l’impression que c’est la même voix qu’il entend. En effet, c’est la voix de Dieu qui s’adresse à lui, pas pour le poursuivre en lui pourrissant la vie, ni pour le culpabiliser, mais pour l’inviter à la conversion. Tuer un prophète ne change rien, un autre se lèvera toujours !
Vous savez aujourd’hui, on utilise cette expression : il ne sert à rien de casser le thermomètre qui indique que vous avez de la fièvre, ça ne changera rien à votre situation ! C’est ce qu’a fait Hérode en tuant Jean-Baptiste et il sera du complot qui veut éliminer Jésus. Quel dommage car Jésus était plus puissant que Jean-Baptiste. Comme Jean-Baptiste, Jésus a dénoncé le péché, mais lui, Jésus, il ne faisait pas que le dénoncer, il avait aussi le pouvoir de le pardonner. Quel dommage qu’Hérode n’ait pas saisi cette chance. Au lieu de rouspéter contre Jésus qui lui rappelle la voix de Jean-Baptiste qui lui adressait des reproches, si Hérode avait demandé à Jésus le pardon et la force de changer de vie, sa vie aurait été complètement transformée car Jésus a ce pouvoir de remettre les compteurs à zéro.
Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons pour nous, pour tous les hommes et particulièrement pour les jeunes réunis à Rome et pour tous ceux qui n’ont pas pu y aller que la grâce du Jubilé nous, leur permette de repartir à zéro pour vivre toujours plus résolument dans l’amour.
