1° août : vendredi 17° semaine ordinaire. Dieu nous rejoint dans le temps de la liturgie … rester ouvert aux surprises de Jésus.

Nous continuons à suivre les aventures du peuple hébreux dans sa traversée du désert et aujourd’hui, nous découvrons comment s’est mise en place la liturgie qui est le moyen par excellence d’entrer en contact avec Dieu. Toutes ces normes pourraient nous paraître un peu fastidieuses à entendre et dépassées, pour nous les chrétiens, qui avons une tout autre liturgie. Mais il y a quand même 3 bonnes raisons pour ne pas tourner la page trop vite !

  • La 1° c’est que Jésus lui-même a voulu vivre tout ce qui était énoncé. Les Evangiles nous le montrent allant au Temple pour toutes les grandes fêtes. Certes, il va souvent ferrailler avec les pharisiens qui auront une approche qu’on pourrait qualifier de « rubriciste » de la liturgie étant plus attachés à respecter les détails qu’à entrer dans le mouvement de la liturgie qui vise à permettre la communion avec le Seigneur. Mais Jésus n’a jamais rejeté cette liturgie.
  • La 2° raison, qui est un prolongement de la 1°, c’est que bien des éléments de la liturgie chrétienne trouvent leur fondement dans la liturgie juive. Pour toujours mieux comprendre les célébrations du mystère pascal, nous sommes invités à avoir une meilleure compréhension de tout ce qui se déployait dans la liturgie juive de la fête de Pâque. Pour approfondir le sens de l’institution de l’Eucharistie, il peut être très profitable d’approfondir le sens du repas pascal appelé le Seder au cours duquel Jésus a précisément institué l’Eucharistie.
  • La 3° raison, c’est que cette page fait partie de la Parole de Dieu, c’est-à-dire que Dieu nous parle à travers ces prescriptions. Et c’est bien ce que nous essayons de faire dans nos homélies, avec plus ou moins de bonheur, je vous l’accorde : rendre la Parole plus parlante !

Forts de ces éléments que je viens de souligner qui nous invitent à prendre au sérieux la page que nous avons écoutée en 1° lecture, je voudrais souligner deux points qui m’ont personnellement plus parlé. C’est le rapport au temps et l’importance d’accueillir la liturgie comme un don de Dieu.

Cette lecture détaillant les prescriptions concernant la liturgie juive était émaillée de mentions se rapportant au temps, pour ne citer que le début de la lecture : « Le premier mois, le quatorze du mois, au coucher du soleil, ce sera la Pâque en l’honneur du Seigneur. » La liturgie, c’est ce qui permet de sanctifier le temps, c’est-à-dire d’accueillir le temps comme une réalité sacrée dans laquelle Dieu veut se révéler à nous. Dieu a choisi de faire du temps son partenaire le plus précieux : grâce au temps et au soleil, c’est vrai aussi, les fruits mûrissent et se gorgent de sucre. Dieu a fait du temps son partenaire et il respecte le temps. Un prédicateur aimait dire que même le Bon Dieu accepte qu’il lui faille plusieurs semaines pour faire pousser une salade ! Dieu a fait du temps son partenaire le plus précieux. 

Vous pourriez me rétorquer : oui, mais le temps fait aussi vieillir et mourir ! En effet, mais pour ceux qui portent un regard chrétien sur cette réalité, cela signifie que nous allons vers ce pourquoi nous sommes faits, la communion éternelle avec Dieu. La chenille qui devient papillon doit vivre ces quelques jours ou ces quelques heures, de sa transformation de manière assez douloureuse. Ainsi en va-t-il souvent des dernières années de notre vie terrestre qui nous préparent à l’éclosion de la vie divine qui, elle durera bien plus longtemps que la vie éphémère d’un papillon ! Dieu nous a donné le temps pour nous préparer à cette formidable transformation qui sera, bien sûr, un don de sa grâce mais pour laquelle il demande notre participation. 

Le 2° point que je développerai rapidement concernant ces prescriptions liturgiques, c’est qu’elles nous invitent à recevoir la liturgie comme un don de Dieu, c’est-à-dire que nous n’avons pas à nous fabriquer la liturgie. On peut se rappeler des années folles qui ont suivi le concile où, dans bien des groupes chrétiens, on réinventait chaque jour la liturgie en se fabriquant des rituels adaptés à chaque groupe. Mais quand on fonctionne ainsi, ce n’est pas le Seigneur qu’on rencontre, mais c’est soi-même, son groupe. Au lieu de nous élever, de nous obliger au dépassement ces pseudo-liturgies faisaient tourner en rond, fonctionnant comme un miroir qui ne faisait qu’enfermer un peu plus les gens dans leurs idéologies et qui favorisait l’entre-soi. 

Juste un mot sur l’Evangile. On ne peut pas dire que le retour de Jésus dans sa patrie est un franc succès puisque ses compatriotes sont choqués. Et ce qui les choque, c’est quand même fort, c’est son extrême sagesse et sa capacité de faire de miracles ! Au lieu de s’interroger profondément en se laissant conduire vers un dépassement des apparences pour commencer à entrevoir le mystère de la personnalité divine de Jésus, ils préfèrent rester accrochés à leurs certitudes : Jésus est trop sage, trop puissant, ça correspond mal à ses origines si obscures, il faut donc s’en méfier ! Et c’est ainsi que Jésus ne put faire presque aucun miracle à cause de leur manque de foi. Quel dommage que ce regard enfermant, posé sur Jésus par ses compatriotes. N’enfermons jamais Jésus dans ce que nous savons de lui, il aime tellement nous surprendre, alors restons ouverts.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de vivre la liturgie comme un vrai cadeau de Dieu et demandons-lui la grâce de toujours rester ouverts aux surprises que Jésus veut nous offrir pour nous faire grandir dans la foi.

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