27 janvier : lundi 3° semaine du temps ordinaire. Héritiers de Dieu, de sa miséricorde infinie … si nous y croyons !

Nous poursuivons notre lecture de la lettre aux Hébreux. Je ne sais pas si vous connaissez bien cet écrit, Le Cardinal Vanoye, exégète jésuite belge, en est le grand spécialiste. Il préfère parler du sermon sacerdotal à propos de cet écrit. En effet, ce n’est pas une lettre, il n’y a que les 4 derniers versets qui pourraient laisser croire que cet écrit est une lettre. Et, si les destinataires nommés sont les Hébreux, c’est uniquement en raison des nombreuses allusions à la liturgie du Temple. Dans cet écrit, l’auteur veut montrer pourquoi Jésus mérite le titre de grand prêtre. Puisque le soubassement de cet écrit est la liturgie juive, il y a parfois des éléments qui peuvent nous paraître bien compliqués. Mais, comme toujours dans l’Ecriture, il ne faut jamais que nous restions bloqués sur ce qui est trop compliqué, parce que ça nous empêcherait de recueillir de véritables perles. Dans cette lecture des perles, j’en ai trouvé 2.

1° perle. Il était écrit : Ceux qui sont appelés peuvent recevoir l’héritage éternel jadis promis. Recevoir un héritage, nous pouvons tous en rêver, surtout si nous héritons de quelqu’un d’extrêmement riche. Vous imaginez si un grand joueur de foot, un grand acteur de cinéma donnait tous ses biens en héritage à votre diocèse, ça permettrait de réaliser bien des projets ! Eh bien, mes amis, nous sommes héritiers de la plus grande fortune puisque nous sommes les héritiers de Dieu. Évidemment, la fortune de Dieu n’est ni en euros ni en bitcoins, c’est une fortune en amour. Dieu est riche en amour miséricordieux. Vous vous rappelez sans doute ? La belle encyclique du pape Jean-Paul II, qui portait ce titre, « Dives in misericordia » Ou encore celle de Benoît XVI, « Deus, Caritas est ». C’est de cette fortune dont nous sommes les héritiers. Saint Paul développera beaucoup cela dans le chapitre 8 de la lettre aux Romains. Cela signifie que nous n’avons pas à être radins en matière d’amour, puisque ce n’est pas dans notre cœur que nous sommes invités à puiser l’amour que nous donnerons, c’est dans le cœur de Dieu qu’il nous faut puiser puisque l’héritage nous est toujours accessible.

La 2° perle, pour moi, c’est cette expression qui revient à plusieurs reprises : une fois pour toutes. Le Christ s’est offert une fois pour toutes. C’est-à-dire que nous n’avons aucune crainte à avoir. Nous sommes sauvés ! Nous sommes sauvés, une fois pour toutes par le don que le Christ a fait de sa vie. Nous ne comparaîtrons pas devant un Dieu qui jouera notre salut dans une partie de dés, décidant que certains seront sauvés et que d’autres seront damnés. Maintenant, nous pouvons aussi tout gâcher, et c’est bien le drame de tant d’hommes et de femmes qui s’enferment dans le péché refusant de puiser dans l’héritage d’amour qui leur est offert. Dieu restera miséricorde, même pour eux, à condition qu’ils regrettent leurs fautes, leur endurcissement dans le péché, mais que d’amour gâché au quotidien.

Venons-en à l’Evangile. Je retiens également 2 paroles que je voudrais rapidement commenter.

La 1° parole est directement dans la suite de ce que je viens de dire. Dans cette controverse entre Jésus et les responsables religieux qui l’accusent d’être possédé, Jésus va prononcer cette parole si forte qu’il nous est bon d’entendre en ce début de retraite. Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et voler ses bien s’il ne commence pas par l’attacher. Jésus Parle donc d’un homme fort. Eh bien nous sommes. Ces hommes forts. Depuis notre baptême, nous avons été revêtus de cette force qui nous permet de lutter contre le mal. Rappelons-nous cette imposition des mains que nous avons déjà reçu lors de notre baptême et que nous faisons à chaque baptême que nous célébrons. Par l’imposition des mains., l’Esprit de force nous a encore été donné à notre confirmation et pour nous, prêtres, à notre ordination. Nous sommes donc ces hommes forts dont parle Jésus. Nous sommes le temple de l’Esprit, mais le drame, c’est que nous nous laissons attacher par Satan, selon l’expression de Jésus. Nous pouvons parfois être attachés à trop de choses dont il est le maître. Cette retraite nous est donc offerte pour que nous puissions reconquérir notre liberté, retrouver notre dignité. Rappelons-nous cette parole de Paul qui dit que c’est pour que nous soyons vraiment libres que le Christ nous a libérés. Ga 5. Pour cela, il a payé le prix fort en donnant sa vie une fois pour toutes. Ne gâchons pas tout, Laissons-nous restaurer par sa miséricorde infinie !

La 2° parole que je veux garder, c’est celle qui parle du fameux péché contre l’Esprit. Je veux en dire un mot parce que souvent on s’interroge pour savoir quel est ce péché qui ne peut pas être pardonné ? Aujourd’hui, je suis sûr que ce péché contre l’esprit, ce n’est pas un péché particulier. Je l’ai dit, Dieu est infiniment riche en miséricorde. Jésus a payé le prix fort pour nous arracher aux griffes de l’esprit du mal, et il l’a fait une fois pour toutes. Cela signifie qu’aucun péché ne pourra résister face à tant d’amour. Quel que soit mon péché, quelle que soit sa gravité, quand je cours me jeter dans les bras du Père avec un cœur plein de repentir et que je m’engage à vraiment changer de vie, ainsi qu’à réparer ce que j’ai fait de mal, dans ces conditions, aucun péché ne peut résister à la miséricorde de Dieu. Alors, c’est quoi ce péché contre l’Esprit, puisque rien ne peut résister à la miséricorde du Seigneur ? Eh bien, c’est justement de ne pas croire en la puissance de la miséricorde. Celui qui dit : avec ce que j’ai fait de mal, inutile de me confier à la miséricorde, le Seigneur ne peut plus rien pour moi, ça, c’est le péché contre l’Esprit ! Il ne peut pas être pardonné, car comment Dieu pourrait pardonner à celui qui ne croit pas, qui ne croit plus en sa miséricorde ? Ce fut la grande différence entre Judas et Pierre. Judas n’a pas cru à la miséricorde et il a préféré se pendre, Pierre est entré dans un repentir sincère et son péché a été pardonné. Au cours de cette retraite, n’hésitons pas à goûter à la miséricorde du Seigneur.

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