14 novembre : vendredi 32° semaine. La science peut-elle, doit-elle conduire à Dieu ?

Je pense que tous les scientifiques n’apprécieraient pas la 1° lecture, tirée du livre de la Sagesse ! En effet ce texte nous dit, en gros, qu’un scientifique qui n’est pas croyant a comme de la peau de saucisson devant les yeux ! Je relis le début : ils sont inconsistants, tous ces gens qui restent dans l’ignorance de Dieu : à partir de ce qu’ils voient de bon, ils n’ont pas été capables de connaître Celui qui est ; en examinant ses œuvres, ils n’ont pas reconnu l’Artisan. St Paul dans la lettre aux Romains utilisera un raisonnement semblable pour arriver à la même conclusion : ils sont inexcusables ceux qui, en observant la création, ne sont pas capables de remonter jusqu’au créateur. L’auteur du livre de la Sagesse va même encore plus loin en disant qu’ils se sont laissés fascinés par leurs études et qu’ils en sont venus à idolâtrer ce qu’ils observaient, je relis : c’est le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel gouvernant le cours du monde, qu’ils ont regardés comme des dieux.

Il y a deux ans, nous avions fait une sortie sœurs et chapelains qui nous avait conduit à visiter l’observatoire de Nice, visite très intéressante ! Nous prenions le goûter devant l’un des bâtiments et nos discussions ont fait sortir le scientifique qui travaillait à l’intérieur. Il a été surpris de voir autant de bonnes sœurs et de prêtres et s’est gentiment proposé de nous faire visiter son poste d’observation, nous avions déjà visité plusieurs bâtiments mais pas celui-là ! Au terme de la visite, l’un d’entre nous lui a demandé : est-ce que vous êtes croyant ? Je me rappelle sa réponse même si je n’’ai plus les mots exacts. Il nous avait répondu honnêtement qu’il n’était pas croyant mais que, plus il observait, plus il s’interrogeait ! Vous connaissez ce que Pasteur disait : un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup y ramène ! C’est sûr que plus on entre dans une certaine intelligence de la complexité de l’univers, de la matière et plus on s’interroge : est-ce possible que tout cela soit le fruit du hasard ?

Mais voyez-vous, si la science peut amener à se poser la question d’une intelligence créatrice et pourquoi pas à affirmer son existence, elle ne pourra jamais faire d’un scientifique un croyant. De plus en plus de scientifiques deviennent humbles face à ce qu’ils découvrent, mais de là à devenir croyant, il y a encore un long chemin. La science peut conduire au théïsme de Voltaire qui disait : L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger ! Mais concevoir Dieu comme un grand horloger qui a conçu l’horloge complexe du monde, ça ne fait encore pas d’une personne un croyant ! 

En effet, le croyant, ce n’est pas seulement celui qui affirme la nécessité de l’existence de Dieu pour expliquer la complexité de ce qui existe, le croyant, c’est celui qui se fie à Dieu, qui marche avec lui, qui parle avec lui. J’aime bien citer cette parole d’une femme que je considère comme une véritable Mère contemporaine de l’Eglise, Georgette Blaquière, elle aimait dire : Croire, ce n’est pas croire que Dieu existe, c’est croire que, moi, j’existe pour Dieu. Elle expliquait sa formule en disant, dans les Evangiles, les démons croient que Dieu existe et ça ne fait pas d’eux des croyants … Elle avait bien raison ! Croire, c’est donc croire que, moi, j’existe pour Dieu ; que, pour Dieu, je suis un être unique à qui il porte un amour unique et éternel. Pour moi, Dieu a envoyé son Fils unique qui a accepté de verser son précieux sang afin que je puisse être sauvé, ne pas m’embourber éternellement dans le péché. Pour moi, il a envoyé le Saint-Esprit qui me permet, comme le dit Paul, de crier vers lui en osant l’appeler : Abba, papa ! 

Vous le comprenez tout cela ne peut pas venir au bout d’une démarche scientifique. Je me rappelle ce témoignage que donnait un scientifique qui expliquait que ses recherches avaient sans doute ébranlé son athéisme mais qu’il avait fallu, un jour, que Dieu se révèle à lui de manière étonnante et inattendue pour qu’il devienne croyant. N’hésitons pas à demander au Seigneur qu’il puisse se révéler à tous ces chercheurs en quête de vérité, qu’il brise aussi la carapace de certitudes inébranlables qu’un certain nombre se sont forgés afin que chacun de ses enfants bien-aimés puisse, un jour connaître la joie de l’appeler : Abba.

En complément de ce que je viens de dire, je rajoute quelques mots sur l’Evangile. Ce texte un peu rude, dans lequel Jésus ne mâche pas ses mots est une invitation à vérifier avec le plus de lucidité possible ce à quoi nous donnons une valeur tellement absolue qu’il n’y a plus de place ni pour Dieu, ni pour les autres dans notre vie, tout cela finissant par nous anesthésier. Vous avez entendu la mise en garde de l’Evangile : deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée, deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. Il ne s’agira pas d’un choix arbitraire, mais seuls ceux qui tiendront à l’essentiel ne s’effondreront pas. Et Jésus conclut en citant sans doute un proverbe de son époque : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. » Ce n’est pas un dicton à la Nostradamus ! Jésus dit clairement : Quand vous voyez des vautours, c’est un signe qui ne trompe pas, il y a des cadavres ! Eh bien les catastrophes, signes annonciateurs de l’avènement ne tromperont pas, quand elles arriveront, ceux qui se seront laissé anesthésier par des passions les éloignant de l’essentiel risquent de s’effondrer. Ne perdons donc plus de temps pour réévaluer nos choix.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet demandons que nos cœurs, le cœur de tous les hommes, le cœur des scientifiques soient toujours ouverts à l’essentiel.

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