9 septembre : Mardi 23° semaine ordinaire : Les deux bonnes attitudes face aux silences de l’Evangile.

Il y a des silences de l’Evangile qui ne nous arrangent pas. Par exemple, avec les disciples d’Emmaüs, il est dit que Jésus a fait une longue catéchèse sur le chemin : partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Comme on aurait aimé avoir le contenu de cette catéchèse ! Ça nous aurait bien redu service pour les catéchumènes, pour tous les recommençants à croire. Mais nous n’avons que le titre ! De la même manière, quand nous entendons, dans l’Evangile d’aujourd’hui, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Nous aurions aimé avoir le contenu de sa prière, ça nous aiderait, nous-mêmes à prier, surtout dans les moments où la fidélité à la prière devient difficile. Mais nous n’avons que la mention d’une nuit entière passée à prier.

Face aux silences de l’Evangile, il y a deux attitudes possibles :

  • La 1°, c’est de combler ses silences en imaginant, à partir de ce que l’Esprit-Saint nous inspire ce qui a pu être dit. C’était un peu ce que proposait St Ignace de Loyola aux retraitants qui faisaient les exercices spirituels. C’est ce que fait la série The Chosen que j’aime tant. Il n’y a rien à redire, nous pouvons tous faire parler les silences de l’Evangile à condition de ne pas imposer ce que nous avons entendu dans ces silences. Car ce que nous avons entendu, c’est ce que l’Esprit-Saint nous a soufflé, c’est pour nous aujourd’hui ; à d’autres personnes ou à d’autres moments de notre vie, il nous fera entendre d’autres paroles.
  • La 2° attitude, c’est de respecter le silence en acceptant que Jésus n’ait pas voulu nous partager ce qui s’est dit. La catéchèse sur le chemin d’Emmaüs, elle était pour les disciples d’Emmaüs ; la prière de Jésus sur la montagne, elle était comme un secret partagé avec son Père. Mais ne soyons pas trop frustrés si nous acceptons d’entrer dans cette 2° attitude car si le contenu de la catéchèse d’Emmaüs ou le contenu de la prière de Jésus ne nous sont pas accessibles, il y a quand même quelque chose qui est accessible pour nous, je le développe.

Ce qui est accessible pour nous, c’est le résultat de la catéchèse d’Emmaüs et le résultat de la prière sur la montagne. 

  • Après la catéchèse d’Emmaüs, les deux disciples qui étaient sur la route de la démission reprennent le chemin de la mission. Ça signifie donc que lorsque nous sommes découragés si nous écoutons la Parole de Jésus, nous serons regonflés. Peut-être allez-vous me dire que Jésus ne vous parle pas beaucoup, erreur ! Oui, peut-être bien que vous ne recevez pas souvent de messages forts et clairs, si ça peut vous rassurer, c’est pareil pour moi ! Mais, chaque jour, nous avons les textes de la messe ou ceux des offices qui sont autant de paroles qui nous sont adressées de la part du Seigneur. Ne les écoutons pas avec des oreilles distraites, c’est le Seigneur qui nous parle et son enseignement, si nous l’accueillons avec un cœur ouvert aura sur nous le même effet que sur les disciples d’Emmaüs, il nous relancera toujours sur la route de la mission.
  • Après la nuit de prière, Jésus a choisi ses apôtres. On peut imaginer la scène à partir de ce qui est dit : Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres. Vous voyez qu’il y a une différence entre disciples et apôtres : il appelle tous ses disciples, c’est-à-dire tous ceux qui le suivaient, qui aimaient écouter ses enseignements et parmi tous ses disciples, il en choisit 12 et, à ces 12-là il donne un nom particulier, celui d’apôtres, qui leur donnera un statut particulier. Je fais quelques remarques sur ce choix en soulignant bien qu’il est le résultat d’une nuit entière passée en prière.
    • 1° remarque parce que ce choix a été longuement discerné dans la prière, il ne suscite aucune opposition. Ceux qui sont appelés ne renâclent pas et ceux qui ne sont pas appelés ne se révoltent pas. Quand nos décisions provoquent beaucoup d’oppositions, ça ne veut pas forcément dire qu’elles sont mauvaises, mais c’est sans doute le signe qu’il faut encore attendre et prier. C’est pour cela que, dans l’Eglise, si on soumet une décision aux votes, il faut, on pas un peu plus que la majorité de 50%, mais un peu plus que la majorité des 2/3. Cf. élection du pape. 
    • 2° remarque : pour composer sa liste, Jésus ne cherche pas à trouver une composition idéale avec tant de % de Pharisiens, tant de % de Saduccéens, tant de % de Scribes, tant de % de gens du peuple pour atteindre un équilibre parfait … ce que devra faire le prochain premier ministre à qui nous souhaitons bien du courage et pour qui nous pouvons vraiment prier. Parce que c’est l’équipe du Seigneur, chargée de réaliser les projets du Seigneur, les critères de choix n’ont rien à voir avec les critères humains. C’est pour cela que la liste des apôtres, d’un point de vue humain, est loin d’être une bonne liste ! Nous connaissons les faiblesses de chacun, à commencer par Pierre, faiblesses que l’Evangile ne cachera jamais. Mais c’était bien la bonne liste, même avec Judas puisque c’est avec eux que l’opération Salut dont je parlais hier a été menée à son terme et a été couronnée de succès. C’est avec eux et par eux que l’Evangile se répandra jusqu’aux extrémités de la terre selon l’ordre de mission donné par Jésus. Un choix, une décision, longuement discernée dans la prière peut paraître étonnante à vue humaine parce qu’elle ne vise ni le succès, ni l’efficacité mais la fécondité.

Par l’intercession de Notre Dame de Laghet, demandons la grâce de nous laisser enseigner par Jésus et de mûrir toutes nos décisions, tous nos projets, tous nos choix dans la prière pour que leur mise en œuvre trouve une grande fécondité.

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