Dans l’Eglise, demain, nous célèbrerons le dimanche de la miséricorde, une fête instituée par le Saint Pape Jean-Paul II en l’an 2000. Parce que la miséricorde est le cadeau principal que nous offre l’amour toujours bienveillant du Seigneur, ici, au sanctuaire de Laghet, nous avons décidé de ne pas cantonner cette fête au seul dimanche, mais de la déployer dans un week-end. Et la Providence a aussi permis qu’en ce début de week-end de la miséricorde, nous célébrions, cette messe en mémoire de Mme Ferrero, avec vous, sa famille, les employés de la maison Ferrero et les amis. En cette semaine pascale, notre foi nous permet d’affirmer qu’elle est partie rejoindre la maison du Père éternel où l’attendait son époux et l’un de ses fils, décédé bien trop tôt. Comment ne pas souligner, tout de suite, en reconnaissance pour eux, qu’avec son époux, ils ont été des bienfaiteurs de notre sanctuaire, c’est à leur générosité que nous devons, entre autres choses, ce dôme sous lequel nous célébrons cette messe.
Animés d’une foi ardente, avec son époux, ils avaient une profonde dévotion mariale et c’est un beau signe de la miséricorde du Seigneur que de leur avoir permis, l’un et l’autre, de partir dans la proximité de la fête de Notre Dame de Lourdes, autre sanctuaire auquel ils étaient très attachés et pour lequel ils ont également montré une grande générosité. Leur vie aura été un témoignage lumineux, manifestant quels fruits extraordinaires peut produire la foi dans le cœur de ceux qui ne sont pas des chrétiens de surface. La réussite ne leur a jamais fait tourner le dos à ce qu’il y avait de plus essentiel pour eux, la foi. J’ai évoqué leur générosité mais il faudrait aussi évoquer, comment, au quotidien, dans le contact avec leurs employés, leurs clients, ils ont cherché à mettre en avant ces valeurs de l’Evangile qu’ils avaient reçu de leur éducation et qu’ils ont su faire fructifier. Car la foi, si elle est vivante, ne peut que se traduire dans le concret de la vie par des actes qui manifestent la puissance de l’amour.
C’est parce qu’ils ont aussi envie de s’engager sur ce beau chemin du témoignage que nous accueillons tout un groupe de jeunes venus préparer leur confirmation. Nous voudrions tous être des témoins lumineux, mais nous connaissons aussi nos limites, c’est pour cela que nous avons besoin de la force du Saint-Esprit. Cette force sera répandue sur vous au jour de votre confirmation, elle l’a été sur nous quand nous avons été confirmés, comme elle l’avait été dans le cœur de Mme Ferrero. C’est sur cette force que nous devons nous appuyer quand nous faiblissons, quand nous nous heurtons à nos limites qui nous mettent face à ce constat douloureux : nous voudrions faire le bien mais nous n’y parvenons pas toujours. La 1° lecture, nous permet de découvrir comment la force du Saint-Esprit a transformé la vie de l’apôtre Pierre.
Ce texte que nous avons entendu fait suite à celui d’hier qui nous racontait l’arrestation de Pierre et Jean. Nous ne sommes pas juste après Pâques, mais juste après la Pentecôte qui a lieu 50 jours après Pâques et qui est donc la fête du Saint-Esprit. C’est à la Pentecôte que l’Esprit-Saint est venu sur les apôtres et les a complètement transformés. Jusque-là, ils étaient des peureu qui n’arrivaient pas vraiment à croire. Nous avons entendu dans l’Evangile comme ça a été difficile pour eux de croire en la résurrection, il a fallu que Jésus mette le paquet, Marie-Madeleine et les autres femmes ont cru plus vite que les apôtres. Et même après de nombreuses apparitions de Jésus, qui rendaient sa résurrection aussi sûre que 2 et 2 font 4, ils restaient enfermés dans la peur. Et voilà qu’ayant reçu le Saint-Esprit, ils sont complètement transformés.
Ils vont se mettre à parler de Jésus et même mieux à parler comme Jésus, touchant de nombreux cœurs et même encore bien mieux, ils vont se mettre à agir comme Jésus, devenant capables de faire des miracles. Et c’est parce qu’ils viennent de guérir un homme impotent qu’ils ont été arrêtés. Les responsables du peuple juif pensaient que la mort de Jésus qu’ils avaient manigancé les délivrerait à tout jamais de toutes ces histoires de chrétiens ; or voilà que les apôtres prennent le relais ! Tout le monde pensait que l’affaire allait s’écrouler étant donné que les apôtres avaient manifesté tant de limites et il n’en est rien. Ayant reçu le Saint-Esprit, ils deviennent aussi intrépides que Jésus. Que faire pour stopper tout ça ? C’est la grande interrogation des responsables juifs.
Ils arrêtent donc Pierre et Jean et passent un marché avec eux : nous sommes prêts à vous relâcher, mais vous arrêtez vos histoires, vous ne parlez plus de Jésus et vous ne faites plus de miracles ! Et c’est là qu’on voit la transformation de Pierre, ce que l’Esprit-Saint va faire de lui. Il prononce deux paroles qu’il nous faut graver dans nos cœurs :
- Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? Vous savez, aujourd’hui, il y a un grand risque à écouter beaucoup plus la voix du monde, la voix des hommes que la voix de Dieu. La voix de Dieu, elle parle à ta conscience et elle te dit de faire ce qui est juste et bon pour toi, pour les autres, pour Dieu. Si tu écoutes la voix de ta conscience, ta vie sera belle et pleine parce que remplie d’amour. C’est le témoignage que nous laisse Mme Ferrero. Par contre si tu écoutes la voix du monde, si tu n’es branché que sur les réseaux sociaux et les influenceurs qui te font croire que tu seras heureux quand tu utiliseras tel produit de beauté, quand tu pourras partir en vacances en tel endroit et que tu gagneras le plus possible d’argent sans te préoccuper de la misère du monde, ta vie sera complètement vide. Tu chercheras à avoir toujours plus, et plus et tu auras moins tu seras épanoui en profondeur. Mère Térésa avait dit : tout ce qui n’est pas donné est perdu. Ça aurait pu être la devise de Mme Ferrero et de son époux et, du coup, leur vie a été pleine. Choisis qui tu veux écouter, la voix trompeuse du monde ou la voix de ta conscience.
- 2° parole de Pierre : Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu ! Des traductions donnent une formule plus condensée : nous ne pouvons pas ne pas parler ! Pour comprendre cette parole, je voudrais citer cette petite maxime de sagesse en forme de devinette qui circule sur les réseaux sociaux … car il peut aussi y avoir de bonnes choses sur les réseaux sociaux surtout si tu te connectes sur le compte de Notre Dame de Laghet ! Voilà donc cette devinette. Un moine bouddhiste posa un jour cette question à ses élèves, il leur demande : si tu portes une tasse de café et que quelqu’un te bouscule, pourquoi est-ce que le café est renvers ? Et tous ces élèves sans exception répondent : parce que on m’a bousculé. Ça parait tellement évident ! Eh bien, non, dit le moine, c’est parce que c’était du café qu’il y avait dans ta tasse ! Merveilleux !
C’est à toi de choisir ce que tu veux qui emplisse ton cœur. Si tu laisses ton cœur s’emplir de jalousie, d’envie, de jugement, c’est ça que ton cœur déversera à longueur de journée dans tes paroles, dans tes regards, dans tes gestes et tu seras malheureux et rendras les autres malheureux. Si tu choisis d’emplir ton cœur d’amour, c’est l’amour que tu offriras, à longueur de journée, dans tes paroles, dans tes regards, dans tes gestes et tu seras profondément heureux et rendras les autres heureux. C’est parce que nous voulons emplir nos cœurs d’amour que nous participons à cette messe en fidélité à la mémoire de Mme Ferrero. Prions aussi pour tous ces jeunes afin qu’au jour de leur confirmation, leur cœur soit rempli du feu d’amour de l’Esprit-Saint.
