29 septembre : fête des archanges … une belle fête qui nous dit que le ciel est ouvert !

Les anges ou les archanges ne sont évidemment pas une invention de l’Eglise. On les retrouve très présents dans les Ecritures, particulièrement dans le Premier Testament. C’est d’ailleurs ce qui explique qu’ils occupent une place prépondérante dans le judaïsme, encore aujourd’hui. Dans la lecture du livre de Daniel que nous avons entendue, ils sont ces milliers de milliers qui servent Dieu, ces myriades de myriades qui se tiennent devant lui. Dans le Credo, nous professons qu’ils peuplent cet univers invisible créé par Dieu tout comme l’univers visible : Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible.

Je crois d’ailleurs que cette profession de foi, cette affirmation de l’existence d’un univers invisible peuplé d’anges, d’archanges et d’autres créatures célestes, les séraphins, les chérubins nous oblige à un peu de modestie : nous ne pouvons pas tout comprendre dans l’existence car une grande partie de la réalité nous échappe. 

Et c’est ainsi que l’existence de ce monde invisible va aussi projeter une lumière sur la terrible énigme du mal, cette énigme sur laquelle nous achoppons si souvent. Le problème se pose en ces termes : comment comprendre l’existence du mal alors que Dieu est bon et qu’il a tout créé par amour ? Eh bien l’existence de ce monde invisible nous permet de comprendre pourquoi nous ne comprenons pas, comme je le disais, il y a une trop grande partie de la réalité qui nous échappe pour que nous puissions tout comprendre. 

Toutefois les Ecritures lèvent quand même une partie du voile. La 2° lettre de Pierre (2,4) parle d’un péché des anges, de certains anges qui, comme on pourrait le dire trivialement, ont décidé de faire l’eau bénite à leur compte ! Ils ont été créés pour louer et servir Dieu mais un certain nombre d’entre eux, entrainés par le plus brillant d’entre eux, Lucifer, ont refusé de servir Dieu préférant se servir eux-mêmes en se servant des hommes pour assouvir leur soif de désordre. C’est au 4° concile du Latran en 1215 que cette doctrine a été finalisée. La foi de l’Eglise affirme donc que Dieu est bon, qu’il n’a créé que du bon, que des êtres bons, mais certaines créatures du monde invisible se sont révoltées et sont à l’origine du désordre, de la dysharmonie du monde et de l’histoire. En effet, après leur chute, ils se sont empressés de chercher à séduire les hommes pour mieux les éloigner de Dieu.

Toutefois, soyons clairs, le dernier mot ne reviendra pas à la révolte des anges et c’est précisément le sens de cette fête des archanges qui sera comme complétée par celle des anges gardiens le 2 octobre. Alors en quoi cette fête des archanges, complétée par celle des anges gardiens, vient-elle rouvrir la porte de l’espérance que les anges déchus avaient essayé de fermer ?

Eh bien, la première chose que cette fête nous dit, c’est que le ciel reste ouvert. Après le péché des anges et après le péché des hommes qu’ils ont entrainés à leur suite, Dieu n’a pas refermé la porte en disant : puisque personne ne mérite mon amour, je ferme la porte du ciel et nous vivrons la Trinité et les bons anges entre nous ! L’Evangile nous le disait en reprenant cette fameuse vision qu’avait eu Jacob d’une échelle qui unissait le ciel et la terre avec des anges qui montaient et descendaient, assurant comme une liaison permanente entre Dieu et les hommes. 

Voilà la première grande leçon que nous pouvons tirer de cette fête des archanges : le ciel n’est pas fermé et j’ai envie de dire heureusement ! Si le ciel était fermé, notre présence ici n’aurait aucun sens ! C’est parce que le ciel est ouvert que tant de pèlerins viennent dans ce sanctuaire, c’est parce que le ciel est ouvert que nous sommes là pour vous accueillir. Car on peut dire que les sanctuaires sont comme un bout de ciel sur la terre !

La deuxième leçon que nous pouvons tirer de cette fête des archanges, c’est que, non seulement Dieu a laissé le ciel ouvert, mais en plus, il a décidé de mettre le ciel à notre service ! C’est complètement fou ! Quand on reprend les grands récits mythologiques, on voit que les dieux se sont très vite fabriqués des serviteurs pour ne pas dire des larbins afin de vivre comme des pachas dans leur panthéon. Eh bien, notre Dieu n’a rien à voir avec les dieux païens ! 

Les psaumes, par exemple, ne cessent de chanter ce cri d’émerveillement : quel dieu est grand comme notre Dieu ? (Ps 76) C’est inouï, mais notre Dieu a décidé de mettre à notre service ses serviteurs, les anges et il n’envoie pas les derniers des anges pour nous rendre service, il envoie les tout premiers, les chefs, les archanges ! Quel dieu est grand comme notre Dieu ?

En son temps, le pape François avait résumé le service qu’accomplissaient les 3 archanges par ces trois verbes : combattre, annoncer, accompagner. Il disait : Saint Michel nous aide à faire la guerre au diable, à le combattre lui qui cherche à nous faire tomber dans le péché. Saint Gabriel est celui qui annonce la bonne nouvelle du SalutEt saint Raphaël, quant à lui, est notre compagnon de voyage, il nous accompagne, nous soutient. C’est vraiment formidable quand on y pense car chacun nous apporte le meilleur service dont nous ayons besoin.

Qu’en cette fête, Notre Dame de Laghet nous obtienne la grâce de demander plus souvent leur intercession.

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